STATUTS
TITRE PREMIER – DÉNOMINATION, SIÈGE, DURÉE, BUT
Article 1 – Dénomination et surveillance
Il est constitué, sous la dénomination de « Fondation Relais Enfant Parents Romands – REPR » (ci-après : « la fondation »), une fondation régie par les présents statuts et subsidiairement par les articles 80 et suivants du code civil suisse.
La fondation est inscrite au registre du commerce et soumise à l’autorité de surveillance compétente.
Article 2 – Siège
Le siège de la fondation est dans le canton de Genève.
Article 3 – Durée
La durée de la fondation est indéterminée.
Article 4 – Buts
La fondation a pour buts :
a) d’offrir de l’information, un accueil, un soutien aux familles et proches de détenus ;
b) d’accompagner les enfants dans leur relation avec leur(s) parent(s) détenu(s) ;
c) de sensibiliser la population et développer la réflexion autour de la détention et de ses effets.
La fondation peut effectuer toute opération se rapportant directement ou indirectement à son but.
La fondation n’a aucun but lucratif, ni aucun caractère politique, confessionnel ou gouvernemental.
TITRE II – CAPITAL, RESSOURCES
Article 5 – Capital
La fondation est dotée d’un capital initial de dix mille francs (Frs 10’000.—).
Article 6 – Ressources
Les ressources de la fondation sont les revenus de ses avoirs et de ses activités, ainsi que tous les dons, legs, subventions et autres attributions, de quelque nature que ce soit, qu’elle recevra, mais que le conseil de fondation est libre de refuser.
Les biens de la fondation doivent être placés conformément aux éventuelles dispositions légales en la matière.
TITRE III – ORGANISATION
A. Le Conseil de fondation
Article 7 – Nomination, organisation
La fondation est administrée par un conseil de fondation (ci-après : « le conseil » composé d’au minimum trois personnes physiques.
Les premiers membres du conseil sont désignés par les fondateurs.
Les membres du conseil sont nommés pour une période de quatre ans ; puis leur mandat est renouvelable ; il est toutefois précisé que le premier mandat des membres nommés en cours d’une période de quatre ans expire en même temps que celui des autres membres du conseil.
Le conseil se renouvelle par cooptation, la décision y relative devant être prise à la majorité des deux tiers (2/3) de tous les membres.
En son sein, le conseil désigne au moins un président, un vice-président, un trésorier et un secrétaire, ces fonctions ne pouvant être cumulées si le nombre des membres du conseil est suffisant.
Le conseil peut prononcer l’exclusion de l’un de ses membres, à la majorité absolue de tous ses membres.
Article 8 – Compétences
Le conseil est seul compétent pour gérer et administrer la fondation et ses biens, et prend toutes les décisions nécessaires ou utiles à l’accomplissement du but.
Le capital et les revenus de la fondation peuvent être utilisés en tout temps, selon l’appréciation du conseil.
Le conseil peut déléguer à un ou plusieurs tiers la gestion des biens de la fondation et son administration courante.
Article 9 – Séances
Le conseil se réunit aussi souvent que les affaires de la fondation l’exigent, mais au moins une fois par année, et chaque fois qu’un de ses membres en fait la demande motivée au président de la fondation.
Les séances du conseil sont présidées par le président, à défaut par un vice-président, ou à défaut par un autre membre du conseil.
Article – 10 Convocations
Sauf cas d’urgence, les convocations sont adressées aux membres du conseil par écrit ou par courrier électronique, au moins dix jours à l’avance, avec indication de l’ordre du jour.
Article – 11 Décisions, procès verbaux
La moitié au moins des membres du conseil doit être présent pour que celui-ci puisse valablement délibérer.
Si ce quorum n’est pas atteint, le conseil est à nouveau convoqué et peut alors valablement délibérer quel que soit le nombre des membres présents, ce que la convocation précisera.
Le conseil prend ses décisions à la majorité absolue des membres présents. Toutefois, en cas d’égalité des voix, celle du président de la séance est prépondérante.
L’accord écrit de tous les membres du conseil équivaut à une décision régulièrement prise en séance.
Il est tenu procès-verbal des décisions du conseil, signé par le président de la séance et le secrétaire ou un autre membre du conseil, et approuvé lors de la séance suivante.
Article 12 – Représentation
Le conseil représente valablement la fondation vis-à-vis des tiers.
Il peut conférer la signature individuelle ou collective à un ou plusieurs de ses membres, voire à des tiers.
Article 13 – Responsabilité
Seule la fortune de la fondation répond des obligations de celle-ci.
Les membres du conseil ne répondent ni personnellement ni sur leurs biens des dettes de la fondation.
B. Le Bureau
Article 14
Le Conseil de Fondation choisit dans son sein le Bureau du Conseil, composé de 3 membres au minimum. Le président, le vice-président et le trésorier en font partie de droit et y exercent la même fonction que dans le Conseil de Fondation.
Article 15
Le Bureau a les attributions suivantes :
a) exercer les pouvoirs qui lui sont délégués par le Conseil de Fondation ;
b) préparer les rapports et les propositions à présenter au Conseil de Fondation ; exécuter les décisions de celui-ci ;
c) étudier toutes les questions intéressant la gestion et l’administration de la Fondation ;
d) surveiller l’activité de la direction.
C. La direction
Article 16
La direction se compose d’un ou plusieurs directeur(s) ou directrice(s) nomé(e)s par le Conseil de Fondation. Elle est soumise à la surveillance du Bureau.
Les attributions de la direction sont fixées par un cahier des charges pour chacun de ses membres.
La direction participe aux séances du Conseil de Fondation et du Bureau. Elle a une voix consultative.
Article 17 – Règlements interne
Le conseil peut édicter et modifier en tout temps les règlements internes qu’il juge utile, avec l’obligation de les communiquer pour approbation à l’autorité de surveillance.
TITRE IV – COMPTES ET CONTROLE DES COMPTES
Article 18 – Exercice comptable
L’exercice comptable correspond à l’année civile, le premier prenant fin le trente et un décembre deux mille.
Article 19 – Comptes annuels
Les comptes annuels, consistant en un bilan et un compte de pertes et profits ainsi qu’un rapport de gestion, sont établis à la fin de chaque exercice.
Article 20 – Organe de révision
Les comptes annuels sont soumis chaque année à la vérification d’un ou plusieurs contrôleurs qualifiés et indépendants, choisis annuellement par le conseil en dehors de ses membres, et rééligibles.
L’organe de contrôle établit un rapport écrit sur ses opérations de contrôle.
TITRE V – MODIFICATION DES STATUTS
Article – 21 Modification des statuts
Toute modification des statuts nécessite une décision de l’autorité de surveillance, à la requête du conseil.
Article – 22 Dissolution
Si les circonstances viennent à changer et invalider le but de la fondation, le conseil est teneur de prendre, dans l’esprit du fondateur, les mesures adéquates.
Si le but de la fondation cesse d’être réalisable, les dispositions légales sur la dissolution s’appliquent.
Article – 23 Liquidation
En cas de dissolution de la fondation, le conseil fonctionnera comme organe de liquidation, sauf décision contraire de l’autorité de surveillance.
Aucune mesure ne pourra être prise sans l’accord préalable exprès de l’autorité de surveillance.
En cas de dissolution de la fondation, l’actif disponible sera entièrement attribué à une institution poursuivant un but d’intérêt public analogue à celui de la fondation et bénéficiant de l’exonération de l’impôt.
En aucun cas, les biens ne pourront retourner aux fondateurs physiques ou aux membres, ni être utilisés à leur profit en tout ou partie et de quelque manière que ce soit.
CONCEPT
Préambule
La Fondation REPR est un organisme à but non lucratif qui propose différentes prestations dans toute la Suisse Romande, afin de soutenir au mieux les familles et enfants concernés par la détention d’un proche.
Après 30 ans de fonctionnement, il nous a semblé nécessaire de mettre à jour un document qui résume les orientations principales qui sous-tendent nos pratiques. Ce document sera évolutif et régulièrement revisité.
Ce concept socio-éducatif détaille spécifiquement les prestations à destination des mineurs concernés par la détention d’un ou des parents, ainsi que les prestations à destination des adultes concernés par la détention d’un proche en Suisse romande. Dans un premier temps, le cadre général de la Fondation est détaillé avec ses missions et ses valeurs.
Ensuite, une deuxième partie concerne plus précisément le concept de la prise en charge socio-éducative des mineurs et des adultes, à savoir notamment, nos missions, nos prestations et notre périmètre d’intervention
Afin de faciliter la lecture du présent document, le masculin est utilisé comme forme générique et désigne aussi bien les femmes que les hommes, sans aucune intention discriminatoire.
A noter que lorsqu’il est fait mention, dans ce document, du terme « parent », il est entendu qu’il s’agit de toute personne ayant un rôle parental auprès de l’enfant (parent biologique, beau-parent, …).
1. Cadre général
1.1 Historique
En 1977, Carrefour des Hommes est créé par Alain Barde, pasteur et aumônier à la Prison de Saint-Antoine à Genève. A la suite de la construction de la prison de Champ-Dollon à Puplinges, trois assistants sociaux sont engagés pour soutenir les personnes détenues, ainsi que les personnes sortant de prison. En 1995, s’opère une séparation en deux associations distinctes : Carrefour Rue et Carrefour Prison. Dès 1999, Carrefour Prison s’oriente davantage dans le soutien aux familles de personnes en détention, avec la création du premier lieu d’accueil pour les familles à Genève en 2004.
Dès 2007, débutent les premières prises en charge d’enfants de personnes détenues par des professionnels à Genève.
En 2012, l’association Carrefour Prison devient la Fondation Relais Enfants Parents Romands (REPR), elle élargit son champ d’action à toute la Suisse romande, avec trois bureaux à Genève, Lausanne (VD) et Sugiez (FR).
1.2 Organigramme

1.3 Mission générale
La Fondation REPR soutient les familles et les enfants de personnes détenues en Suisse Romande sous 3 axes :
- Offrir de l’information, un accueil, un soutien aux familles et proches de personnes détenues
- Accompagner les enfants dans leur relation avec leur(s) parent(s) détenu(s)
- Sensibiliser la population et développer la réflexion autour de la détention et de ses effets
1.4 Valeurs de la Fondation
Notre mission est de soutenir les enfants et les familles de personnes détenues. Pour mener à bien cette mission, nous nous appuyons sur quatre valeurs fondamentales qui guident notre travail au quotidien : la considération, l’authenticité, la responsabilité, ainsi que l’humilité. Ces valeurs sont essentielles dans nos relations avec nos équipiers, les usagers de nos services, et nos partenaires externes.
1. La Considération
La considération est au cœur de notre approche. Nous reconnaissons l’importance de traiter chaque individu avec respect et dignité.
Pour les enfants et les familles de personnes détenues, la considération signifie être écoutés et compris dans leurs besoins et leurs émotions.
Au sein de notre équipe, cela se traduit par un environnement de travail bienveillant où chaque membre est valorisé pour ses compétences et ses contributions.
Avec nos partenaires extérieurs, nous veillons à entretenir des relations basées sur le respect mutuel et la reconnaissance de l’expertise de chacun.
2. L’Authenticité
L’authenticité est cruciale pour établir des relations de confiance. Nous croyons en la transparence et l’honnêteté dans toutes nos interactions.
Pour les familles que nous aidons, cela signifie que nous nous engageons à être ouverts et sincères dans notre communication, en partageant les informations de manière claire et en étant disponibles pour répondre à leurs questions.
Au sein de notre équipe, l’authenticité favorise une collaboration harmonieuse, où chacun est invité à exprimer ses idées et ses préoccupations.
Avec nos partenaires extérieurs, cette valeur assure des collaborations solides et basées sur la confiance.
3. La Responsabilité
La responsabilité est une des valeurs qui nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes.
Pour les enfants et les familles affectées par l’incarcération, nous sommes profondément engagés à offrir un soutien de qualité. Cela implique une prise en charge attentive et professionnelle, une gestion efficace des ressources et une réponse adéquate aux besoins des usagers.
Au sein de notre équipe, cela signifie que chacun répond de ses actions et de son rôle dans l’organisation.
Avec nos partenaires extérieurs, nous nous engageons également à travailler de manière fiable et proactive, en respectant nos engagements et en cherchant régulièrement à améliorer nos services.
4. L’Humilité
L’humilité est essentielle pour rester à l’écoute et apprendre continuellement. Nous reconnaissons que nous n’avons pas toutes les réponses et que chaque situation est unique. Nous valorisons la synergie et la solidarité, nous nous remettons en question pour améliorer nos pratiques et nous visons une approche “à la carte”, adaptée à chaque situation.
Pour les familles que nous soutenons, l’humilité signifie que nous sommes prêts à écouter leurs vécus et à adapter notre approche à leurs besoins spécifiques.
Au sein de notre équipe, cela favorise un environnement où l’apprentissage et le développement sont valorisés, et où chacun peut apprendre de l’autre.
Avec nos partenaires extérieurs, l’humilité nous permet de collaborer efficacement, en respectant et en intégrant les compétences et les expériences diverses.
En intégrant la considération, l’authenticité, la responsabilité ainsi que l’humilité dans notre travail quotidien, la Fondation REPR s’assure de fournir un soutien complet et empathique aux enfants et aux familles de personnes détenues. Ces valeurs sont les fondements de notre travail et de notre capacité à faire une différence positive dans la vie de ceux que nous soutenons.
1.5 Cadre d’intervention
Confidentialité et travail en réseau
De manière générale, les informations reçues dans le cadre de la Fondation REPR restent confidentielles. Il s’agit d’une confidentialité partagée par les équipiers REPR. Pour plus de détails dans les situations où des professionnels de la Fondation interviennent en détention, voir le point « confidentialité et travail en réseau » p.9.
Une exception à la confidentialité s’applique lorsque des éléments révèlent un risque sérieux d’atteinte à l’intégrité, en cas de risques auto-agressifs ou hétéro-agressifs, de danger grave ou imminent. Dans ces situations, les professionnels ont la responsabilité de transmettre les informations strictement nécessaires aux personnes ou autorités compétentes afin d’assurer la protection immédiate. Dans la mesure du possible, la personne est informée de cette levée partielle de confidentialité et des raisons qui la motivent. Ainsi, l’intervention articule transparence sur le cadre et les démarches entreprises, et protection rigoureuse du contenu des échanges, afin de concilier confiance, participation et sécurité.
Les professionnels veillent à informer en particulier les bénéficiaires, selon leur âge et leur capacité de discernement, des règles de confidentialité ainsi que de leurs limites, notamment en cas de danger grave ou d’obligation légale de signalement.
Les bénévoles sont aussi soumis à la confidentialité des échanges avec toute personne rencontrée dans le cadre de leurs activités.
Protection des données
La protection des données au sein de la Fondation respecte les règles en vigueur.
Les dossiers, qu’ils soient physiques ou numériques, sont conservés de manière sécurisée et accessibles uniquement aux professionnels autorisés. Le Dossier de Situation Individuelle (DSI), utilisé au sein de la Fondation, contient des éléments factuels, objectivés et actualisés. Les notes professionnelles sont datées, signées et distinguent clairement les faits observés, les propos rapportés, des hypothèses de travail et des impressions personnelles. Il s’agit de la responsabilité de chaque professionnel de tenir à jour les dossiers de suivi.
2. Concept de la prise en charge socio-éducative des mineurs
2.1 Notions et principes
Les actions auprès des mineurs de la Fondation REPR s’inscrivent dans un ensemble de lois et de recommandations, notamment :
- La Déclaration universelle des droits de l’Homme[1]
- La Convention relative aux droits de l’enfant[2], ratifiée en 1997 par la Suisse, dont notamment :
- « L’enfant a le droit de vivre avec ses parents à moins que cela ne soit jugé incompatible avec son intérêt supérieur ; il a également le droit de maintenir des contacts avec ses deux parents s’il est séparé de l’un d’entre eux ou des deux » art. 9
- « L’enfant a le droit, dans toute question ou procédure le concernant, d’exprimer librement son opinion et de voir cette opinion prise en considération » art. 12
- « La responsabilité d’élever l’enfant incombe au premier chef conjointement aux deux parents, et l’Etat doit les aider à exercer cette responsabilité. Il leur accorde une aide appropriée pour élever l’enfant. » art. 18
- La Recommandation CM/Rec(2018)5 du Comité des Ministres aux États membres concernant les enfants de détenus[3], dont notamment :
- « Les enfants de parents détenus doivent être traités dans le respect de leurs droits de l’homme et en tenant dûment compte de leur situation particulière et de leurs besoins. Ces enfants doivent avoir la possibilité d’exprimer leur opinion, directement ou indirectement, dès lors qu’il s’agit de décisions qui peuvent les concerner. Les mesures visant à garantir la protection de l’enfant, y compris le respect de son intérêt supérieur, de sa vie familiale et de sa vie privée doivent faire partie intégrante de ce processus, tout comme les mesures qui aident le parent détenu à exercer son rôle, du début de son incarcération à sa remise en liberté, et après. » art. II.1
- « Les autorités nationales doivent s’efforcer de fournir des ressources suffisantes aux organismes publics et aux organisations de la société civile pour soutenir les enfants de détenus et leur famille, et leur permettre de faire effectivement face à leur situation particulière et à leurs besoins spécifiques, notamment en offrant un appui logistique et financier, si besoin, de manière à maintenir le contact. » art. II.6
- « Les visites doivent être organisées de manière à ne pas interférer avec d’autres aspects de la vie de l’enfant, par exemple la scolarité. Si des visites hebdomadaires ne sont pas praticables, des visites proportionnellement plus longues mais moins fréquentes permettant une interaction plus étroite entre l’enfant et le parent devraient être facilitées. » art.IV.18
- « Dans les cas où la personne ayant actuellement la charge de l’enfant n’est pas disponible pour accompagner l’enfant à sa visite, des solutions alternatives devraient être recherchées, par exemple en organisant l’accompagnement de l’enfant par un professionnel qualifié ou par un représentant d’une organisation qui œuvre dans ce domaine ou par toute autre personne appropriée. » art.IV.19
- « Un espace dédié aux enfants doit être prévu dans les salles d’attente et les parloirs des établissements pénitentiaires (avec, par exemple, des chauffe-biberons, des tables à langer, des jouets, des livres, du matériel de dessin ou des jeux), où les enfants peuvent se sentir en sécurité, bienvenus et respectés. Les visites en prison doivent se dérouler dans un cadre propice au jeu et à l’interaction avec le parent. Il faudrait également envisager d’autoriser les visites dans des lieux proches de l’établissement pénitentiaire, de manière à favoriser, à maintenir et à développer les liens enfant-parent dans un cadre le plus normal possible. » art. IV.20
- « Des mesures devraient être prises pour s’assurer que la visite se déroule dans un environnement qui respecte la dignité de l’enfant et son droit au respect de la vie privée, notamment en facilitant l’accès et les visites des enfants ayant des besoins spécifiques. » art. IV.21
- « Des mesures spéciales doivent être prises pour encourager les parents détenus à maintenir des relations et des contacts réguliers et constructifs avec leurs enfants (et leur donner les moyens de le faire), de manière à préserver ainsi leur développement. Les restrictions aux contacts entre les détenus et leurs enfants doivent être appliquées uniquement à titre exceptionnel, pour la période la plus courte possible, afin d’atténuer l’effet négatif qu’elles peuvent avoir sur les enfants et de protéger leur droit à un lien affectif continu avec leur parent incarcéré. » art.IV.30
2.2 Objectifs spécifiques
Trois objectifs principaux orientent le développement de nos prestations :
- Favoriser l’épanouissement et l’équilibre psycho-affectif de l’enfant ayant un parent en prison ;
- Soutenir l’enfant dans ses liens familiaux ;
- Prévenir les facteurs de risque pour l’enfant.
2.3 Prestations
Chaque prise en charge répond à un ou plusieurs des objectifs cités ci-dessus. Dès lors, le choix des prestations proposées est évalué, en équipe et si besoin avec la direction, en fonction des objectifs de suivi. L’intervention REPR se fait toujours dans l’intérêt supérieur de l’enfant.
L’équipe d’intervenants socio-éducatifs peut proposer aux enfants et à leur famille les prestations suivantes :
- Du soutien socio-éducatif des mineurs 0-18 ans ;
- De la guidance parentale pour l’ensemble des parents concernés ;
- De la médiatisation de visite en détention ;
- Des informations aux mineurs, à leur famille, ainsi qu’aux professionnels du réseau.
Ces prestations peuvent prendre différentes formes :
- Des entretiens (présentiels, téléphoniques, en visio) individuels pour les enfants, les parents et les professionnels
- Des entretiens de famille (présentiels, téléphoniques, en visio)
- Des entretiens de réseau (présentiels, téléphoniques, en visio)
- Des groupes de soutien pour les jeunes
- Des groupes de guidance parentale pour les parents en prison (programme « Parent et en prison » en 10 séances, mensuel, suivi post-programme)
- Des groupes de guidance parentale pour les parents hébergeants
- De la médiatisation de visites pour un groupe d’enfants auprès de leur parent en détention (Visites REPR)
- De la médiatisation de visites individualisée d’enfant ou de fratrie auprès de leur parent en détention (Visites REPR individualisées)
- Des groupes organisateurs en détention
- Des réunions autour des droits des enfants en prison avec des agents de détentions volontaires (Team)
- Des parloirs spéciaux (fêtes de Noël, fête de l’été, visites sportives, visites zone 4 du Bois-Mermet, etc.)
- Le développement de liens familiaux par des enregistrement audio d’histoires par le parent en détention à destination de l’enfant (Histoire du soir)
- La distribution de matériel spécifique ( « Tim et le mystère de la patte bleue », Le Manga « A travers les barreaux », « Le voyage de Kim », etc.)
2.4 Périmètre d’intervention
Le public cible de nos interventions peut être défini ainsi : tout mineur (0-18 ans), concerné par la détention d’un ou de deux de ses parents, vivant dans les cantons de Fribourg, Genève et Vaud, ou dont le parent est en détention dans l’un de ces trois cantons. Des contrats de prestations cantonaux définissent certaines obligations et limites spécifiques. Dans le cadre du soutien aux mineurs, des entretiens peuvent également être proposés aux parents, ainsi que des échanges avec les réseaux de professionnels.
Exceptionnellement, une intervention peut être proposée hors de ce périmètre.
2.5 Communication et accessibilité
Un site internet (www.repr.ch), ainsi qu’un numéro de téléphone gratuit (0800 233 233) sont à disposition pour contacter la Fondation REPR et obtenir de l’information et/ou du soutien.
Chaque intervenant socio-éducatif est joignable avec un numéro de téléphone et un courriel professionnels directs.
Un travail de présentation et de sensibilisation est effectué auprès des différents professionnels du monde juridique et social, tels que procureurs, membres du service protection de la jeunesse, des foyers, étudiants des Hautes Ecoles (HETSL, ESSIL, ….), agents de détention, équipiers de service social des établissements pénitentiaires…,).
Des flyers décrivant nos activités sont à disposition des familles et des professionnels.
2.6 Modalités de mise en œuvre
2.6.1 Cadre d’intervention
Dans les premiers échanges, les informations quant au cadre d’intervention sont systématiquement transmises aux bénéficiaires et partenaires, oralement ou par écrit (cf. doc Informations essentielles).
Demande d’intervention
La demande d’intervention peut provenir de sources diverses : l’enfant lui-même, ses parents, un professionnel du réseau social, pénal, scolaire, médical ou autre. L’équipe prend en considération l’ensemble des membres du réseau familial et professionnel, dans une vision systémique de la prise en charge. Les échanges avec ceux-ci débutent généralement par la personne ayant initié le premier contact. L’équipe veille en tout temps à s’adapter à l’unicité de chaque situation et à créer la prise en charge la plus adéquate possible. Dans le cas où d’autres besoins émergent durant le suivi, nous orientons les familles vers d’autres professionnels pertinents et pouvant répondre au mieux aux enfants et à leur famille. A l’interne, nous mettons en contact les bénéficiaires avec l’équipe de notre Centre d’information (Pole Adultes), nos professionnels juridiques et sociaux. Par ailleurs, nous les orientons régulièrement vers les diverses structures cantonales (psy, sociales, juridique, médicale, pénales, …) (Cf. carte cantonale de contacts)
Au vu de la structure privée de la Fondation, toutes les prises en charge sont volontaires pour les bénéficiaires et non facturées. Chacun peut en tout temps mettre un terme à la prise en charge.
Intérêt supérieur de l’enfant
Toutes les décisions concernant des mineurs au sein de REPR, se basent sur l’intérêt supérieur de l’enfant, au sens de l’Article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE).
Toute action menée vise prioritairement à garantir la sécurité, le développement et le bien-être de l’enfant, dans le respect du cadre légal et des principes éthiques propres aux professions sociales, éducatives et médico-psychologiques.
L’évaluation de la situation s’appuie sur une approche globale et systémique, notamment à travers le modèle développé par les professionnels de REPR (Statut de l’enfant). Cette méthodologie permet d’examiner de manière structurée la situation de l’enfant (développement, santé, scolarité, vécu émotionnel), les compétences et fragilités parentales, l’environnement familial et social, les facteurs de risque (violence, négligence, addictions, instabilité) ainsi que les ressources disponibles (famille élargie, école, réseau de soutien). Cette analyse croisée vise à identifier les facteurs de protection et à proposer des interventions proportionnées et adaptées à la réalité de la situation.
Participation de l’enfant
La participation de l’enfant est un élément fondamental chez REPR, ceci en référence à l’Article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). L’enfant est reconnu comme sujet de droits et acteur de son parcours. Son avis est recherché et pris en considération en fonction de son âge, de sa maturité et de sa capacité de compréhension. Les professionnels adaptent leurs outils et leurs modalités d’entretien afin de favoriser une expression libre et sécurisée. Lorsque cela est possible, l’enfant est reçu seul afin de garantir un espace de parole confidentiel, protégé de toute pression ou influence.
Confidentialité et travail en réseau
Il convient de distinguer clairement le partage d’informations relatives au processus d’intervention et la protection du contenu des échanges.
Les éléments liés au processus d’intervention, tels que la tenue d’entretiens, les visites en prison, les personnes rencontrées, les dates des contacts, peuvent être partagés avec les partenaires directement impliqués dans la prise en charge. Ce partage demeure toutefois limité aux informations nécessaires à la compréhension du cadre et de l’avancement de la prise en charge.
Il s’agit de garantir la transparence de l’intervention, à favoriser la collaboration et à assurer la coordination du travail en réseau, et, ainsi assurer une cohérence dans l’accompagnement.
En revanche, le contenu des échanges avec les usagers bénéficie d’une confidentialité renforcée. Les propos tenus lors des entretiens individuels, en groupe ou lors des visites, ne sont pas transmis à des tiers sans l’accord de l’intéressé. Cette confidentialité est essentielle pour garantir un espace de parole sécurisant, libre de toute pression, et pour permettre à chacun d’exprimer ses ressentis et ses préoccupations en confiance.
En partant de ce principe, les professionnels REPR ne transmettent aucun certificat, rapport ou évaluation. Seules des attestations mentionnant des éléments quant au processus d’intervention peuvent être fournies.
Une exception s’applique lorsque des éléments révèlent un risque sérieux d’atteinte à l’intégrité, en cas de risques auto-agressifs ou hétéro-agressifs, de danger grave ou imminent. Dans ces situations, les professionnels ont la responsabilité de transmettre les informations strictement nécessaires aux personnes ou autorités compétentes afin d’assurer la protection immédiate. Dans la mesure du possible, la personne est informée de cette levée partielle de confidentialité et des raisons qui la motivent. Ainsi, l’intervention articule transparence sur le cadre et les démarches entreprises, et protection rigoureuse du contenu des échanges, afin de concilier confiance, participation et sécurité.
Les professionnels veillent à informer en particulier les bénéficiaires, selon leur âge et leur capacité de discernement, des règles de confidentialité ainsi que de leurs limites, notamment en cas de danger grave ou d’obligation légale de signalement.
Protocole mise en danger de l’enfant
Lors de propos ou de faits inquiétants de la part des bénéficiaires, pouvant laisser craindre une mise en danger de l’enfant, un protocole interne a été établi.

Protection des données
La protection des données au sein de la Fondation respecte les règles en vigueur.
Les dossiers, qu’ils soient physiques ou numériques, sont conservés de manière sécurisée et accessibles uniquement aux professionnels autorisés. Le Dossier de Situation Individuelle (DSI), utilisé au sein de la Fondation, contient des éléments factuels, objectivés et actualisés. Les notes professionnelles sont datées, signées et distinguent clairement les faits observés, les propos rapportés, des hypothèses de travail et des impressions personnelles. Il s’agit de la responsabilité de chaque professionnel de tenir à jour les dossiers de suivi.
Situations particulières
Les enfants ayant des besoins spécifiques, notamment les enfants victimes directes ou indirectes, en situation de handicap ou présentant des troubles du développement, nécessitent des modalités d’accompagnement adaptées et une attention particulière à leur vulnérabilité accrue.
Dans les cas de violence domestique, délinquance sexuelle, enfants victimes, parents avec des troubles psychiques et enfants avec des besoins spécifiques, une vigilance particulière doit être observée.
2.7 Equipe
L’équipe est composée uniquement de professionnels à temps partiel, répartis sur trois cantons (FR, GE et VD), comprenant des intervenants socio-éducatifs et une psychologue. Tous sont au bénéfice d’une formation supérieure dans le champ du domaine psycho-social. La Fondation soutient et encourage chacun à se former. Des formations continues à l’interne sont proposées plusieurs fois par année. Des temps de supervision ont également lieu régulièrement.
3. Concept de la prise en charge des adultes
3.1 Notions et principes
La prise en charge proposée par la Fondation REPR s’inscrit dans un positionnement strictement neutre et non militant, visant à accompagner les proches de personnes détenues de manière objective et bienveillante, dans le respect du cadre légal en vigueur. Les actions auprès des familles et proches de personnes détenues s’inscrivent dans un ensemble de lois et de recommandations, notamment :
- La Déclaration universelle des droits de l’Homme[4]
- La Convention européenne des droits de l’Homme [5]: Article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.
- The Neslon Mandela Rules, Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Soft Law) Contact avec le monde extérieur (Règles 58 à 63)
- Règle 58 Les détenus doivent être autorisés, sous la surveillance nécessaire, à communiquer avec leur famille et leurs amis à intervalles réguliers : par correspondance écrite et, le cas échéant, par télécommunication électronique, numérique ou d’autres moyens ; et en recevant des visites. Lorsque les visites conjugales sont autorisées, ce droit doit être exercé sans discrimination, et les femmes doivent pouvoir l’exercer au même titre que les hommes. Des procédures doivent être mises en place et des locaux mis à disposition pour assurer un accès juste et égal dans des conditions de sûreté et de dignité.
- Règle 59 Les détenus doivent être placés, dans la mesure du possible, dans des prisons situées près de leur domicile ou de leur lieu de réinsertion sociale.
- Règle 60 Pour pouvoir être admis dans un établissement pénitentiaire, les visiteurs doivent accepter de se soumettre à une fouille. Un visiteur peut retirer son consentement à tout moment, auquel cas l’administration pénitentiaire peut lui refuser l’accès. Les fouilles et les formalités d’entrée applicables aux visiteurs ne doivent pas être dégradantes et doivent être régies par des principes de protection au moins équivalents à ceux visés aux règles 50 à 52. Les investigations corporelles internes devraient être évitées et ne pas être pratiquées sur des enfants.
- Recommandation Rec(2006)2-rev du Comité des Ministres aux États membres sur les Règles pénitentiaires européennes, en particulier l’art. 24
- 24.1 : Les détenus doivent être autorisés à communiquer aussi fréquemment que possible – par lettre, par téléphone ou par d’autres moyens de communication – avec leur famille, des tiers et des représentants d’organismes extérieurs, ainsi qu’à recevoir des visites desdites personnes.
- 24.2 : Toute restriction ou surveillance des communications et des visites nécessaires à la poursuite et aux enquêtes pénales, au maintien du bon ordre, de la sécurité et de la sûreté, ainsi qu’à la prévention d’infractions pénales et à la protection des victimes – y compris à la suite d’une ordonnance spécifique délivrée par une autorité judiciaire – doit néanmoins autoriser un niveau minimal acceptable de contact.
- 24.3 : Le droit interne doit préciser les organismes nationaux et internationaux, ainsi que les fonctionnaires avec lesquels les détenus peuvent communiquer sans restriction.
- 24.4 : Les modalités des visites doivent permettre aux détenus de maintenir et de développer des relations familiales de façon aussi normale que possible.
- 24.5 : Les autorités pénitentiaires doivent aider les détenus à maintenir un contact adéquat avec le monde extérieur et leur fournir l’assistance sociale appropriée pour ce faire.
- 24.6 : Dès réception, toute information reçue du décès ou de la maladie grave d’un proche parent doit être communiquée au détenu.
- 24.7 : Lorsque les circonstances le permettent, le détenu doit être autorisé à quitter la prison – soit sous escorte, soit librement – pour rendre visite à un parent malade, assister à des obsèques ou pour d’autres raisons humanitaires.
- 24.8 : Tout détenu doit avoir le droit d’informer immédiatement sa famille de sa détention ou de son transfèrement dans un autre établissement, ainsi que de toute maladie ou blessure grave dont il souffre.
- 24.9 : En cas d’admission d’un détenu dans une prison, de décès, de maladie grave, de blessure sérieuse ou de transfèrement dans un hôpital, les autorités – sauf demande contraire du détenu – doivent informer immédiatement son conjoint ou son compagnon ou bien, si l’intéressé est célibataire, le parent le plus proche et toute autre personne préalablement désignée par le détenu.
- 24.10 : Les détenus doivent pouvoir se tenir régulièrement informés des affaires publiques, en pouvant s’abonner et en lisant des journaux quotidiens, des périodiques et d’autres publications, et en suivant des émissions de radio ou de télévision, à moins qu’une interdiction n’ait été prononcée par une autorité judiciaire dans un cas individuel et pour une durée spécifiée.
- 24.11 : Les autorités pénitentiaires doivent veiller à ce que les détenus puissent participer aux élections, aux référendums et aux autres aspects de la vie publique, à moins que l’exercice de ce droit par les intéressés soit limité en vertu du droit interne.
- 24.12 : Les détenus doivent être autorisés à communiquer avec les médias, à moins que des raisons impératives s’y opposent au nom de la sécurité et de la de la sûreté, de l’intérêt public ou de la protection des victimes, des autres détenus et du personnel”.
- la Recommandation 1340 (1997) du Conseil de l’Europe
- L’Assemblée se réfère à sa Recommandation 1257 (1995) relative aux conditions de détention dans les Etats membres du Conseil de l’Europe et à sa Directive no 503 (1995) sur le même sujet qui donnait mandat à la commission des questions sociales, de la santé et de la famille de consacrer un rapport sur les problèmes sociaux liés à la détention.
- L’Assemblée relève que la détention pose de multiples problèmes d’ordre social, en particulier sur le plan familial, surtout pour les enfants, ainsi que sur le plan du travail, et que ces problèmes ont été peu étudiés jusqu’ici. Elle doit constater que la peine privative de liberté garantit mal le principe de la personnalisation de la peine: la famille du détenu subit, du fait de la détention d’un de ses membres, des effets subsidiaires à la peine principale, ne serait-ce que la détérioration de sa situation économique.
- L’Assemblée attire également l’attention sur les problèmes sociaux spécifiques que rencontrent les femmes en détention du fait des stéréotypes dont elles souffrent, de la chance plus faible que celle des hommes de retrouver leur conjoint à la sortie de la prison et de retrouver un emploi, et des conséquences néfastes de la perte de leurs droits parentaux alors que les femmes incarcérées ont souvent de jeunes enfants dont elles avaient la responsabilité.
- Le principe de la limitation de la peine dans le temps lui paraît également battu en brèche: l’effet de la peine se prolonge au-delà du temps d’incarcération et les difficultés pour un ancien justiciable à se réinsérer professionnellement l’illustrent bien
- Devant les effets négatifs de la détention, sur les plans familial et social, qui contredisent directement la fonction de réinsertion ou de réhabilitation de la peine, l’Assemblée confirme la teneur de sa recommandation précitée.
- L’Assemblée recommande au Comité des Ministres d’inviter les Etats membres:
- à réduire, en cas de peine de courte durée, les délais d’admissibilité aux congés pénitentiaires dans le souci d’éviter la rupture des liens familiaux;
- à promouvoir un recours plus fréquent à des peines non privatives de liberté comme les peines de travail d’intérêt général, qui permettent au détenu non seulement de garder un emploi mais également de conserver de réels contacts familiaux;
- à continuer d’offrir au plus grand nombre de détenus un emploi rémunéré pendant leur détention;
- à assurer le maintien des avantages sociaux aux familles des détenus et à octroyer une aide économique d’urgence pour surmonter les difficultés économiques immédiates du fait de la perte de revenus;
- à développer les services sociaux en faveur des familles de détenus, notamment des enfants qui vivent en prison ou qui ont des parents détenus, et à fournir l’information nécessaire sur l’existence de tels services à l’intention des familles les plus démunies;
- à améliorer les conditions de visite en prison des familles, notamment par la mise en place de lieux d’intimité appropriés;
- à fournir, si besoin est, des soins médicaux, psychologiques et psychiatriques à l’intérieur des établissements pénitentiaires;
- à adapter les conditions de détention aux conditions de santé, telles que
- à dynamiser, intra muros, le travail de réinsertion professionnelle et à cette fin à développer un enseignement et des formations professionnelles qui soient performants et en adéquation avec les possibilités du marché du travail;
- à prévoir, pendant et après la détention, des procédures pour assurer une réadaptation stable et pour éliminer la dépendance à l’alcool et aux drogues;
- à réduire les effets pervers du casier judiciaire qui sont pour les anciens détenus des obstacles à la réintégration sur le marché du travail;
- à introduire des mesures spéciales pour les détenus étrangers telles que des possibilités d’interprétation et de traduction, la liberté de culte, le choix du régime alimentaire, et la possibilité de contacter leurs autorités consulaires;
3.2 Objectifs spécifiques
Quatre objectifs principaux orientent le développement de nos prestations :
- Soutenir les proches de personnes détenues dans leur autonomie et favoriser leurs prises de décisions et de positions de manière libre et éclairée
- Favoriser la circulation de l’information quant au système pénal, carcéral et social auprès des proches de personnes détenues
- Soutenir au niveau social, psychologique et juridique les proches de personnes détenues
- Offrir du lien, du soutien, des échanges aux proches de personnes détenues devant les lieux de détention
3.3 Prestations
Chaque prise en charge répond à un ou plusieurs des objectifs cités ci-dessus. Ces prestations peuvent prendre différentes formes :
- Des entretiens ponctuels avec des professionnels du domaine social, juridique, psychologique (présentiels, téléphoniques, en visio, par mail)
- Des entretiens réguliers avec des professionnels du domaine social, juridique, psychologique (présentiels, téléphoniques, en visio, mails)
- Des entretiens avec des bénévoles en présentiel devant les prisons
- Une ligne téléphonique gratuite (0800 233 233)
- Un Guide des prisons en ligne
- Des transports des proches des gares aux prisons
- Des groupes de soutien
- Des formulaires et modèles pour certaines démarches (demande de visite, procuration, etc.)
- Des vidéos explicatives (mesures pénales, colis autorisés, système pénal, etc.)
- De la distribution de matériel spécifique (flyers, livres, etc.)
- Un développement de matériel spécifique
3.4 Périmètre d’intervention
Le public cible de nos interventions peut être défini ainsi : toute personne adulte dont un proche se trouve en détention en Suisse romande, comme notamment la famille, les amis, les collègues, des connaissances ou encore des professionnels.
Exceptionnellement, une intervention peut être proposée hors de ce périmètre.
Bien que les actions de la Fondation se concentrent sur la Suisse romande, un Guide des prisons couvrant également la Suisse alémanique est mis à disposition, répertoriant une partie des établissements de cette région linguistique afin de faciliter l’accès à l’information.
3.5 Communication et accessibilité
Un site internet (www.repr.ch), une boîte mail (info@repr.ch) ainsi qu’un numéro de téléphone gratuit (0800 233 233) sont à disposition pour contacter la Fondation REPR et obtenir de l’information et/ou du soutien.
Chaque professionnel est joignable avec un numéro de téléphone et un courriel professionnels directs.
Un travail de présentation et de sensibilisation est effectué auprès des différents professionnels du monde juridique et social, tels que les juges et procureurs, les membres du service de protection de la jeunesse, des foyers, les étudiants des Hautes Ecoles (HETSL, ESSIL, ….), les agents de détention, les équipiers des services sociaux des établissements pénitentiaires, etc.
Des lieux d’accueil tenus par des bénévoles, situés à proximité de certaines prisons, permettent d’offrir un espace d’écoute et de soutien directement accessible aux proches lors des visites.
Les réseaux sociaux constituent un canal complémentaire pour diffuser des informations, relayer des actualités et maintenir un lien avec le public.
Des flyers décrivant nos activités sont à disposition des familles et des professionnels.
3.6 Modalités de mise en œuvre
3.6.1 Lieux d’accueil
Les lieux d’accueil sont tenus par des bénévoles qui offrent un espace chaleureux et bienveillant aux proches de personnes détenues, avant et après les visites, ou lorsque ceux-ci viennent vers la prison pour déposer des colis, des courriers ou prendre des informations. Ils permettent de créer du lien, de rompre l’isolement et d’offrir une écoute attentive dans des moments souvent chargés d’émotions. Les bénévoles y accueillent les familles, les soutiennent dans leurs démarches et les orientent vers les ressources adaptées à leurs besoins, dans un cadre respectueux et confidentiel.
Les lieux d’accueil prennent différentes formes et sont aménagés pour recevoir au mieux les familles : caravane, cabanon ou encore espace mis à disposition au sein de la prison. Il en existe 8, répartis dans 5 cantons :
- Genève : devant la prison de Champ-Dollon
- Fribourg : devant la prison Centrale à Fribourg et la prison de Bellechasse à Sugiez
- Vaud : devant la prison du Bois-Mermet à Lausanne ainsi que devant la Croisée et les Etablissements de la Plaine de l’Orbe (EPO) à Orbe
- Valais : devant la prison de Sion
- Neuchâtel : devant la prison de Bellevue à Gorgier et de la prison de la Promenade à la Chaux-de-Fonds
Chaque lieu d’accueil dispose de sa propre marche à suivre et d’une fiche pratique. Les conditions d’accueil peuvent varier d’un site à l’autre notamment concernant l’accès aux clés, l’utilisation de l’eau et des toilettes, les horaires d’ouverture, ainsi que les installations disponibles comme l’électricité ou le chauffage.
Accueil
Les bénévoles accueillent les familles et mettent à disposition du thé, du café, du sirop et des chocolats. Ils offrent un espace intérieur pour attendre l’heure de la visite.
Dans certains établissements, l’accueil se déroule directement à l’intérieur de la prison. Les bénévoles accompagnent les familles jusqu’à la salle de visite, tout en veillant au respect des règles en vigueur : poches vides, présentation d’une pièce d’identité et absence de tout contact avec les personnes détenues.
Horaires
Les lieux d’accueil sont ouverts certains après-midis. Un planning mensuel est disponible sur le site internet de REPR et est affiché dans chaque lieu. Les jours et horaires d’ouverture varient en fonction des règlements propres à chaque établissement, notamment des jours et heures de visite autorisés pour les familles, ainsi que des disponibilités des bénévoles.
Partage d’informations
Un partage d’informations confidentiel est assuré entre les bénévoles et avec l’équipe de REPR afin de garantir un suivi cohérent des situations. Celui-ci se fait notamment à travers un journal de bord, des échanges téléphoniques ainsi que des réunions d’équipe. Ces transmissions se déroulent dans le respect strict de la confidentialité.
Transports
Pour faciliter l’accès aux prisons inaccessibles en transports publics, des navettes conduites par des bénévoles sont mises en place pour les proches. Elles assurent les trajets suivants :
- De la gare de Sugiez à la prison de Bellechasse le dimanche après-midi
- De la gare de Chavornay à la prison de la Croisée et aux Etablissements de la Plaine de l’Orbe (EPO) le mardi et mercredi après-midi
L’inscription à la Navette se fait différemment selon les établissements : pour la prison de Bellechasse, elle est effectuée directement par les personnes détenues, tandis que pour les EPO et la Croisée, elle se fait par les proches au moment de leur inscription aux visites. Dans les deux cas, la liste des personnes inscrites est transmise chaque semaine par l’établissement à REPR par e-mail. Lorsque les numéros de téléphone sont disponibles, REPR contacte les personnes inscrites afin de confirmer leur participation et de leur préciser les horaires ainsi que le fonctionnement de la Navette.
Échanges avec les professionnels des prisons
Des échanges réguliers ont lieu avec les professionnels des prisons afin d’assurer une bonne collaboration autour des lieux d’accueil. Ils permettent de transmettre les informations utiles au bon fonctionnement et d’aider les bénévoles à répondre au mieux aux besoins et aux questions des familles.
3.6.2 Ligne téléphonique 0800 233 233
La permanence téléphonique non facturée à l’appelant, accessible au numéro 0800 233 233, constitue un premier point de contact essentiel pour les proches de personnes détenues. Elle offre un espace d’écoute, de soutien et de dialogue, permettant d’accueillir les préoccupations, de créer un lien et, si nécessaire, d’ouvrir la voie à un accompagnement plus approfondi.
Les appelants peuvent rester anonymes en choisissant de donner ou non leur prénom. Les échanges sont traités de manière confidentielle, avec une trace dans le dossier de suivi interne. Il est possible de proposer un rappel, de prendre des nouvelles ultérieurement ou de mettre en place un suivi, qui peut se concrétiser par un entretien téléphonique, en visioconférence, en présentiel dans les bureaux ou sur un lieu d’accueil.
La ligne est gratuite pour les appelants, les coûts étant supportés par la structure qui reçoit l’appel. Elle fonctionne, dans la mesure du possible, tous les après-midis en semaine pour les familles. Le week-end, un professionnel assure une réponse et propose une orientation vers un suivi dans la semaine suivante. En cas d’indisponibilité, un répondeur permet de laisser un message afin d’être recontacté.
3.6.3 Entretiens par des professionnels
Les entretiens menés par les professionnels visent à offrir un soutien global et une orientation adaptée aux proches de personnes détenues, tout en veillant à les rendre pleinement acteurs de leur situation. L’accompagnement place le proche au centre de la démarche, et non la personne détenue.
Ces entretiens peuvent prendre différentes formes selon les besoins et les préférences : par téléphone, en visioconférence, en présentiel, ou encore via WhatsApp, e-mail ou réseaux sociaux.
Sur le plan juridique, les professionnels proposent un travail de vulgarisation et de clarification. Ils aident à décrypter le jargon juridique, expliquent les procédures pénales et orientent, si nécessaire, vers des structures spécialisées pour un conseil juridique plus approfondi. Des ressources sont également mises à disposition, telles que des textes de loi, des schémas explicatifs. A noter qu’il ne s’agit pas de conseil juridique mais bien d’orientation juridique.
Sur le plan social, les professionnels orientent et transmettent des explications sur le fonctionnement du système social et des informations concrètes liées à des situations du quotidien (assurances, impôts, contrats, mariage, démarches administratives, etc.). À cela s’ajoute un soutien psycho-social basé sur l’écoute active, l’empathie et l’orientation, avec la possibilité d’un suivi régulier en fonction des besoins.
L’ensemble des entretiens s’inscrit dans un cadre garantissant l’anonymat et la confidentialité. Chaque échange fait l’objet d’une traçabilité dans le dossier de situation individuelle informatisé (DSI), comprenant des éléments factuels ainsi que des notes de suivi, afin d’assurer une continuité et une qualité d’accompagnement
3.6.4 Transmission et mise à jour des informations
REPR transmet aux proches et met à jour des informations sur le système pénal, carcéral et social. Les contenus proposés sont indépendants des établissements pénitentiaires et régulièrement vérifiés et actualisés.
Un Guide des prisons est notamment élaboré et mis à jour chaque année, regroupant des informations spécifiques à chaque prison, y compris en Suisse alémanique. Cet outil permet aux proches de mieux comprendre le fonctionnement des différents lieux de détention et d’anticiper certaines démarches.
Le site internet de la Fondation constitue également une ressource clé. Pensé comme un outil accessible et facile d’utilisation, il propose des informations en langage simplifié, ainsi que des formulaires et modèles de documents pour certaines démarches (demande de visite, procuration, etc.). Des vidéos explicatives sont également disponibles et abordent des thématiques telles que les mesures pénales, les colis autorisés ou encore le fonctionnement du système pénal. Le site met en outre à disposition des bibliographies et des adresses utiles.
Aussi, les réseaux sociaux permettent une diffusion régulière d’informations, d’événements et d’articles en lien avec les thématiques de la Fondation.
Enfin, des supports imprimés, tels que des flyers descriptifs et informatifs, sont mis à disposition dans les bureaux, les lieux d’accueil, affichés dans certaines prisons et diffusés auprès du réseau professionnel, afin d’assurer une large accessibilité à l’information.
3.6.5 Collaboration avec le pôle mineur
La collaboration avec le pôle mineur de la Fondation permet d’assurer une prise en charge cohérente et adaptée des situations impliquant des enfants. Lorsque cela est pertinent, des entretiens conjoints peuvent être organisés afin de favoriser une approche globale de la situation familiale. Les informations peuvent également être partagées entre les équipes, dans le respect du cadre de confidentialité.
3.7 Equipe
L’équipe est composée de professionnels ainsi que de bénévoles.
L’équipe de professionnels est composée d’un civiliste à plein temps et de professionnels à temps partiel actifs pour l’ensemble de la Suisse romande basés dans les bureaux lausannois. Tous sont au bénéfice d’une formation supérieure dans le domaine psycho-social ou juridique. La Fondation soutient et encourage chacun à se former. Des formations continues à l’interne sont proposées plusieurs fois par année. Des temps de supervision sont possible.
Les bénévoles occupent une place essentielle au sein de la Fondation, en proposant un accueil de citoyen à citoyen fondé sur l’écoute, la bienveillance et le respect. L’équipe se caractérise par sa diversité, réunissant des personnes de tous âges et de tous horizons, ce qui enrichit la qualité de l’accompagnement offert aux bénéficiaires.
Le recrutement des bénévoles repose sur des critères précis. Une attention particulière est portée à la motivation des candidats ainsi qu’à leur capacité à adopter une posture adéquate vis-à-vis du système judiciaire. Les personnes en situation de conflit majeur avec la détention, en procédure en cours ou ayant un proche concerné dans le lieu d’engagement ne peuvent pas être retenues. De plus, les bénévoles ne doivent pas être engagés dans des structures militantes en lien avec ces thématiques. Ils doivent être majeurs, faire preuve de bonnes capacités de gestion du stress et de réflexion, fournir un extrait de casier judiciaire et adhérer aux chartes du bénévole. Un temps d’essai est prévu avant la validation de l’engagement.
La Fondation accorde une grande importance à la formation et à l’accompagnement des bénévoles. Une formation de base leur permet d’acquérir des connaissances sur le système carcéral et social, ainsi que sur les effets de la détention sur les proches et leurs besoins. Des formations continues sont proposées régulièrement, en présentiel et en visio, autour de thématiques spécifiques. Elles incluent également des rencontres avec des spécialistes ainsi que des visites de prisons et d’autres partenaires. L’apprentissage se poursuit sur le terrain grâce à un système de binômes, permettant aux nouveaux bénévoles d’être accompagnés par des personnes plus expérimentées.
Les bénévoles sont également soutenus par les professionnels de REPR via la permanence téléphonique et des réunions d’équipe. En effet, dès qu’un bénévole est actif dans un lieu d’accueil, un professionnel est responsable d’être atteignable pendant la durée de la permanence.
4. Position réflexive
Afin de nous assurer d’offrir des prestations de qualité à nos bénéficiaires et d’évoluer dans un cadre de travail stimulant pour l’ensemble des collaborateurs, il est nécessaire d’avoir différents espaces et modes de réflexion au sein de la Fondation. Une prise de recul et des échanges réguliers à l’interne comme à l’externe sont favorisés.
Ainsi, un travail de récolte de statistiques concernant les bénéficiaires, ainsi que les prestations proposées, est fait régulièrement. En découle un rapport d’activité annuel, mis à disposition de tous.
Nous participons aussi régulièrement à des travaux de recherches universitaires sur certaines thématiques nous concernant. Cela permet de mettre en lumière, de manière objective, les retombées de nos interventions.
La formation continue, ainsi que des moments de supervision sont organisés tout au long de l’année. De même, des apports théoriques circulent au sein de l’équipe.
Nous sommes actifs dans différents réseaux, en participant à des colloques et des conférences.
La Fondation REPR partage également des bonnes pratiques avec plusieurs organisations œuvrant pour les familles et enfants touchés par la détention d’un proche, tant au niveau national qu’international, avec notamment COPE (Children Of Prisoners Europe), INCCIP (International Coalition for Children With Incarcerated Parents), la Fédération Internationale des Relais Enfants Parents et Child Right Connect.
Pour la direction de la Fondation REPR,
Manon Vuille, Sophie Gorgé et Viviane Schekter.
Avril 2026
[1] La Déclaration universelle des droits de l’homme
[2] RS 0.107 – Convention du 20 novembre 1989 relati… | Fedlex (admin.ch)
[4] La Déclaration universelle des droits de l’homme
[5] https://www.echr.coe.int/documents/d/echr/Convention_FRA